Rébacca Shankland, Maître de conférences en Psychologie et Evelyn Rosset, Docteur en psychologie ont mis à disposition de nombreuses ressources afin que la psychologie positive puisse être intégrer à l’enseignement.
En effet, leur site dispose de 4 thèmes qui sont la reconnaissance, la force, les relations positives et l’attention consciente. Chacun de ces thèmes sont composés de 4 exercices.
La reconnaissance :
De nombreuses recherches depuis quelques décennies ont démontré l’efficacité de noter tous les jours trois choses pour lesquelles nous sommes reconnaissant sur notre humeur, notre motivation et nos relations.
Un exemple d’exercice à proposer aux élèves :
Le journal de la reconnaissance – Ecrire chaque jour sur un cahier trois choses pour lesquelles nous sommes reconnaissants.
Les forces :
De nombreuses recherches telles que celles effectuées par Clifton & Harter, en 2006 ou encore celles de Seligman en 2004, ont montré que travailler sur nos forces permet d’apprendre plus rapidement et de mieux réussir. Dans le cadre de l’enseignement, les élèves sont plus motivés et satisfaits en cours lorsque l’approche de la psychologie positive est adoptée. Seligman a également démontré que travailler sur nos forces réduit le risque d’anxiété et de dépression.
Un exemple d’exercice à proposer aux élèves :
Mon père, ce héros – Penser à quelqu’un que nous admirons et se demander pourquoi nous le faisons. Lister les différentes raisons. Cet exercice peut être fait en groupe ou individuellement.
Les relations positives :
D’autres recherches ont démontré que la bienveillance a des conséquences positives sur le bien-être. Ceux qui font preuve de bienveillance envers leur entourage sont plus enclin à se sentir plus proches des autres. Des actes de gentillesse à l’école réduisent le harcèlement et impactent bénéfiquement sur la concentration en classe et sur les résultats scolaires. Cela favorise également le climat de la classe.
Un exemple d’exercice à proposer aux élèves :
Les Post-it de l’amitié – Ecrire sur des post-it quelque chose que nous apprécions chez une autre personne de la classe, d’une autre classe, d’un professeur. Une personne par post-it. Après écriture, le post-it devra être collé là où la personne concernée pourra le voir.
L’attention consciente :
L’attention consciente fait référence à un état de conscience qui se développe en portant volontairement son attention sur le moment présent sans jugement (Kabat-Zinn, 1996 ; 2013).
En se focalisant sur le moment présent, nous augmentons notre conscience sur l’interaction que nous avons avec notre environnement. Nous avons ainsi la possibilité de changer nos habitudes mentales qui pourraient provoquer une augmentation de stress, d’anxiété et de dépression. L’attention consciente permet également de nous focaliser sur le moment présent et de ce fait, de ne plus se préoccuper de l’avenir. Cet état permet de répondre de manière plus adéquate à ce qui se passe dans notre environnement à l’instant.
Un exemple d’exercice à proposer aux élèves :
La cloche de la conscience – Les élèves doivent prêter attention le plus longtemps possible au son d’une cloche afin d’avoir conscience du moment présent.
Pour plus d’exercices à mettre en place, je vous invite à visiter le site de ces deux auteurs :
http://educationpositive.org/
Et vous, mettez-vous en place ce type d’exercice en qualité d’enseignant ou même en tant que parents ?
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lundi 26 mars 2018
mercredi 28 octobre 2015
POUR DES ADOS MOTIVES, le dernier manuel de psychologie positive appliqué à l’éducation de Ilona Boniwell et de Charles-Martin Krumm, sortie le 7 octobre 2015.
L’objectif principal de cet ouvrage est de proposer des solutions envisageables selon deux logiques: la prévention (avec l’acquisition de compétences qui permettraient à nos jeunes d’apprendre à faire face) et la sensibilisation (afin d’améliorer le climat dans une classe, les relations avec les élèves ou entre les élèves), solutions qui puissent être mises en oeuvres simplement par les parents dans leur relation avec leurs enfants.
Il s’agit d’un guide pratique pour aider nos enfants à mieux vivre tout en développant leur potentiel. Ilona Boniwell et Charles-Martin Krumm proposent de nombreux conseils en fonction des situations de la vie quotidienne basés sur des études scientifiques. Les auteurs présentent les nouveaux comportements éducatifs qui permettront aux parents et aux enseignants de faire croître les ressources des jeunes, notamment dans leur vie scolaire.
On y parle de motivation, des formes de mal être chez l’adolescent, de la dépression en augmentation ces dernières années chez l’enfant et l’adolescent et de la pression liée à la charge de travail. On y apprend notamment que depuis 1956 (29 décembre 1956), une circulaire réactualisée en 1994 interdit aux enseignants du premier degré de donner des devoirs ou devant se limiter au travail oral. « Des études récentes ont (…) mis en évidence l’excès de travail écrit généralement exigé des élèves. En effet, le développement normal (…) d’un enfant de moins de onze ans s’accommode mal d’une journée de travail trop longue ». Cependant aujourd’hui, 80 à 90% des écoles ignorent les textes officiels. Car malgré l’interdiction, les devoirs font partie intégrante du cycle primaire.
Il est également question de burn-out et d’épuisement. « Comment pouvons-nous parents, enseignants, éducateurs limiter le développement du burn-out chez les enfants? Au lieu, de se focaliser sur le temps accordé aux devoirs, les auteurs nous invitent en prenant appui sur plusieurs recherches en psychologie, à préférer se concentrer sur le but de ce travail et sur le sens que l’on souhaite lui attribuer.
Le redoublement est également questionné. Selon plusieurs études, il serait inefficace car il ancrerait « un sentiment d’échec chez l’élève et ne tient pas compte de la diversité de ses acquis ».
Enfin plusieurs écoles de pensées sont présentées, entre-autres Dewey ou l’apprentissage agissant, Montessori ou la reconnaissance sociale de l’enfant, Freinet ou la force d’une éducation populaire, Rogers ou la voie de la non-directivité.
Un ouvrage pour favoriser la construction intellectuelle et émotionnelle des enfants, avec l’objectif de leur faire vivre au mieux tous leurs potentiels.
Les Auteurs: Ilona Boniwell, docteur en psychologie, est professeure associée à HEC Paris et à l’Université Anglia Ruskin de Cambridge, où elle est responsable du premier master international de psychologie positive appliquée (MAPP). Elle est l’auteur d’Introduction à la psychologie positive.
Charles-Martin Krumm, agrégé d’EPS, maître de conférences à l’ESPE de Bretagne, est président de l’Association française et francophone de psychologie positive, et a dirigé avec Cyril Tarquinio l’ouvrage collectif Le Traité de psychologie positive.
Découvrir un extrait ici: https://books.google.fr/books?id=bi6tCgAAQBAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false
commander le livre ici: http://www.amazon.fr/Pour-ados-motivés-psychologie-positive/dp/2738133169/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1446051601&sr=8-1&keywords=pour+des+ados+motivés
lundi 25 août 2014
La Psychologie Positive au Forum de la Santé Mentale de l'ARS en 2012
Forum de la Santé Mentale
Enjeux, Innovations et perspectives
Mardi 14 février 2012
Enjeux, Innovations et perspectives
Mardi 14 février 2012
Organisé par l'ARS (Agence Régionale de la Santé Ile-de-France)
Des échanges en séance plénière autour de propositions concrètes d’amélioration du dispositif régional
Cet évènement a été l’occasion d’échanger avec les professionnels et acteurs régionaux concernés autour des cinq thématiques suivantes :
- Promouvoir une approche intégrée des parcours de santé et de vie
- Faciliter l’accès aux soins
- Agir en prévention et favoriser la promotion de la santé mentale
- Citoyenneté et santé mentale
- Justice et santé mentale
Pour chacune d’entre elles, des groupes de travail ont formulés des constats et propositions spécifiques aux réalités régionales largement soumis au débat avec la salle.
Un temps introductif a été consacré au concept de santé mentale et à ses évolutions en présence des auteurs des principaux rapports publics : V. KOVESS-MASFETY, J-L. ROELANDT, P. CLERY MELIN, J-C. PASCAL , G. MASSE et E. COUTY. Ils se sont exprimés sur les enjeux et les spécificités de la région.
Source : ARS Ile-de-France
Quelques extraits des Actes de ce Forum :
samedi 5 juillet 2014
Bonheur National Brut (BNB) : Au Bouthan, le Bonheur commence à l'école !
Extrait de l'article "Penser Positif", paru sur EuroNews le 4 juillet 2014
“Avez-vous déjà entendu parler du BNB, le Bonheur national brut ? Est-ce qu’il existe vraiment pour les hommes politiques ? Y a-t-il un pays qui fait du bonheur son principal objectif de développement ? Et bien oui ! Regardez ce reportage dans le royaume du Bhoutan, où le bonheur commence à l‘école.”
Le Bonheur national brut du Bouthan
Très peu de pays dans le monde font du bonheur leur objectif ultime de développement. Tout petit royaume niché au cœur de l’Himalaya, le Bhoutan a remplacé le Produit national brut par le Bonheur national brut.
Dans le village de Woochu, comme tous les matins, la petite Jamphel Yeshey Paylden, huit ans, se prépare pour aller à l‘école, qui se trouve à 20 minutes de marche de chez elle. “Les cours commencent avec de la méditation et des prières, et quand on prie, on respecte notre roi, notre pays et notre religion, et on entretien notre culture”, dit-elle.
Cette école de Woochu faisait partie des établissements pilotes du Bhoutan quand le concept de Bonheur national brut a été introduit. L‘école vise à former des élèves en bonne santé, avec un socle de valeurs, et qui pourront devenir des citoyens heureux et productifs.
“Notre but, c’est que les enfants soient heureux à l‘école, explique le principal Chencho Namgyel. Par le passé, un certain nombre d’enfants se laissaient aller vers la drogue, et même le tabac et l’alcool. Nous avions beaucoup de problèmes il y a quelques années, mais aujourd’hui la situation s’est nettement améliorée.”
Dans les salles de classe, outre le programme traditionnel, les élèves apprennent à entraîner leur esprit avec la méditation et la pleine conscience. La méditation dure entre une et trois minutes. Les élèves apprennent également les valeurs humaines élémentaires comme le partage, le respect de la nature, le service à la communauté.
“L‘éducation pour le Bonheur national brut est une initiative noble, qui n’est pas incompatible avec un modèle d‘école adapté aux enfants. C’est une approche holistique du développement de l’enfant”, affirme Phuntsho Lham, du ministère de l‘Éducation.
Le BNB ne s’arrête pas à l‘école. Les parents aussi assimilent ses valeurs à travers leurs enfants : “après l’introduction du BNB, les enfants ont arrêté de manger n’importe quoi et en rentrant de l‘école, ils nous apprennent comment consommer les légumes, et comment s’entraider. Ils nous donnent beaucoup de conseils”, dit la mère de la petite Jamphel Yeshey Paylden.
Une philosophie qui est un modèle pour d’autres pays, comme la Finlande qui a conclu un partenariat avec des écoles du Bhoutan."
Allemagne : l'enseignement du bonheur à l'école !
Allemagne : enseigner le bonheur
Extrait de l'article "Penser Positif", paru sur EuroNews le 4 juillet 2014
"Ces élèves du collège Lerchenfeld de Hambourg apprennent à être heureux. Bienvenue en cours de bonheur, une matière au programme de plus d’une centaine d‘écoles allemandes.
Cet exercice n’est pas destiné à préparer les élèves à participer à un concert de rock. Il comporte un véritable objectif pédagogique, comme l’explique l’enseignante Barbara Neuber : “ce type d’exercice vise à pousser les élèves vers leurs limites. Ici, il s’agit d’essayer quelque chose qu’ils n’oseraient pas faire en temps normal.”
Ce cours de bonheur est censé développer chez les élèves le sens de la communauté, des compétences sociales, la confiance. Des valeurs nécessaires pour gérer le stress et la pression.
“C’est la première fois que je le faisais, dit Grana. Au début, je me disais, Ok, je ne devrais peut-être pas le faire. Mais quand je me suis laissée tomber et que les autres m’ont rattrapée ça a été un vrai moment de joie. J‘étais vraiment heureuse.”
Comment traverser une rivière imaginaire quand il n’y a pas assez de pierres pour tous les membres du groupe ? Voilà la question soulevée par l’exercice du “Rubicon”. Ici, les compétences sociales et la volonté de communiquer sont essentielles, dit Barbara Neuber : ‘‘il s’agit ici surtout de leur enseigner la perception. Quand on n’est pas capable de percevoir les choses, on ne peut pas gérer les problèmes. Dans les cours de sport traditionnels comme dans les autres matières, l’objectif, c’est surtout la performance. Dans ce cours de bonheur, les notes et la performance ne sont pas la priorité.”
Chaque exercice est évalué a posteriori dans des discussions en groupe. Barbara Neuber et sa collègue Ruth Eckardt donnent des cours de bonheur à des élèves de tous les âges. Dans cette classe plus jeune, les enfants peignent ce qui leur vient à l’esprit dans ce qu’on appelle leur propre “royaume”, sans parler entre eux. Cet exercice leur montre comment ils peuvent se définir dans un groupe tout en respectant autrui.
“À la fin de la journée, l’objectif est que les jeunes enfants et les adolescents en sachent plus sur leurs propres ressources, dit Ruth Eckardt. Il s’agit de leur faire découvrir des compétences et de les utiliser, y compris et surtout en situation de crise.”
Tous les élèves de Lerchenfeld connaissent l’exercice dit de la “douche chaude”. Un élève s’assoit en tournant le dos au reste de la classe, et les autres élèves disent ce qu’ils lui trouvent de positif. Il n’est pas rare que l’enfant finisse par en pleurer de joie.
“L’exercice de la douche chaude vous fait vraiment vous sentir plus heureux, témoigne Paul. Pour moi, c’est un moment de bonheur qui a duré plusieurs jours, parce qu’on entend tellement de choses gentilles sur soi et qu’on n’en a vraiment pas l’habitude.”
Le bonheur est une matière d’enseignement qui gagne du terrain en Allemagne et dans le monde anglophone."
L'éducation positive en Australie : la psychologie positive à l'école !
L‘éducation positive en Australie
Extrait de l'article "Penser Positif", paru sur EuroNews le 4 juillet 2014
"On apprend mieux quand on est heureux ! Depuis 2008, la Geelong Grammar School, en Australie, met en application ce principe avec son Programme d‘Éducation Positive, qui allie enseignement et psychologie positive.
“La psychologie positive vise à aider les élèves et les gens à tirer le meilleur de leurs vies, explique le principal Steven Meek. Nous avons ici des étudiants qui ont été confrontés à tout un tas de problèmes, et ce que nous voulons faire, c’est les aider à les surmonter.”
Le programme d‘études de l‘école s’inspire du travail de pionnier de Martin Seligman, de l’Université de Pennsylvanie.
“Nous couvrons ce qui touche aux émotions, à l’investissement positif. Nous nous intéressons aux relations, aux relations positives. Nous nous penchons sur le sens et l’accomplissement”, détaille David Bott, enseignant.
Beaucoup d’enseignants utilisent la méditation, qui fait partie du programme. Elle est pratiquée régulièrement. Les élèves méditent au début de chaque cours et tout particulièrement en période d’examen, avec jusqu‘à dix minutes de méditation avant les épreuves les plus importantes.
Mais pourquoi est-ce si important d’assimiler ces compétences dès le plus jeune âge ? Réponse de David Bott : “160 000 jeunes Australiens souffrent de dépression chaque année. C’est une statistique assez inquiétante. C’est l’un des principaux problèmes dont nous nous occupons à l‘école. L‘éducation positive est conçue pour aider les étudiants à être déterminés et prévenir maladie et mal-être.”
Les chercheurs de l’Université de Melbourne évaluent l’impact sur le bien-être des élèves. Pour déterminer le niveau de stress, ils utilisent notamment des tests de salive, suivent les variations du rythme cardiaque. Des applications sur appareils mobiles sont également utilisées.
“On sollicite les jeunes sur leur iPod à n’importe quel moment pour qu’ils nous disent ce qu’ils sont en train de faire, avec qui ils se trouvent, de quelle humeur ils sont et aussi dire tout ce qui leur est récemment arrivé, que ce soit positif ou négatif, et comment ils ont réagi, quelle stratégie ils ont adoptée pour gérer cela”, explique Diane Vella-Brodrick, de l’Université de Melbourne.
Les études d’impact n’en sont qu‘à leurs débuts, mais pour les parents et les élèves, comme Billie Hook, les répercussions de l‘éducation positive sont assez évidentes : “la meilleure chose que j’ai acquise avec l‘éducation positive c’est la détermination et apprendre à l’utiliser dans la vie de tous les jours, quelle que soit la difficulté. J’apprends à en tirer le meilleur et je pense que cette détermination va m’accompagner tout au long de ma vie”, dit-elle."
dimanche 21 octobre 2012
Le Figaro : Qu'est-ce qui donne envie d'apprendre à nos enfants ?
Enfants : qu'est-ce qui leur donne envie d'apprendre ?
Par
Pascale Senk - le 16/10/2012
Si le désir de connaissance et d'apprentissage est
naturel à l'enfant, il ne peut fleurir qu'à certaines conditions.
Empathie, autonomisation et proximité sociale. Telles sont les ressources qu'empruntait donc cet enseignant pour favoriser la motivation de ses élèves. Des stratégies très éloignées de la traditionnelle politique du «bâton et de la carotte» et explorées notamment dans les recherches en psychologie positive, notamment celles réalisées dans l'équipe du professeur Philippe Sarrazin, chercheur de l'université Joseph-Fourier, à Grenoble, qui constate dans l'un des chapitres du Traité de psychologie positive (dirigé par Charles Martin-Krumm et Cyril Tarquinio aux Éditions de Boeck): « Quand un individu intrinsèquement motivé reçoit des récompenses pour réaliser l'activité, il a progressivement tendance à dissocier ces deux incitateurs du comportement et à considérer la raison externe comme plus prégnante que la raison interne. Autrement dit, il perçoit progressivement qu'il n'est plus “à l'origine” de ses actes et que ce qui cause ou régule son comportement est à l'extérieur de lui-même.» Résultat: l'enfant apprend seulement pour recevoir des bons points et non plus pour satisfaire sa curiosité. Celle-ci risque alors de s'épuiser.
Pour «les 5 élèves sur 25» qui ne marchent plus dans le système punition/récompense, il faut aussi pointer l'utilité de certaines matières dans la vie personnelle des adultes qu'ils deviendront, estime Charles Martin-Krumm: « En philosophie, par exemple, on peut les encourager à faire des choix parmi des romans ou des essais qui leur serviront quand ils auront quitté le lycée.» Autre facteur réellement motivant: changer de regard sur leurs erreurs et leurs échecs. «Pour satisfaire le besoin d'autonomie d'un élève, on lui demandera de trouver lui-même des pistes de correction concernant ses ratages, explique ce professeur. Et on valorisera le processus d'apprentissage par essais/erreurs.» Des méthodes qui vont dans le sens des découvertes de Frédérique Autin ou Jean-Claude Croizet, de l'université de Poitiers et du Cerca (Centre de recherches sur la cognition et l'apprentissage), qui viennent de montrer qu'en permettant à l'enfant d'échouer, on lui évite de se sentir mal face à l'échec et l'on renforce ainsi en lui esprit d'initiative et envie de progresser.
Éviter la compétition qui isole
Il semble désormais évident que la motivation, à la fois puissante source d'efforts et moteur fragile, souvent susceptible de se gripper, ne peut s'épanouir que dans un environnement satisfaisant certains besoins psychologiques de l'enfant. Quels sont ces besoins? Fabien Fenouillet, professeur en psychologie cognitive de l'université de Nanterre Paris Ouest et auteur de Motivation et réussite scolaire (Éd. Dunod), en dénombre notamment trois. En premier lieu, l'autodétermination: « L'intérêt est plus facile à venir lorsque l'enfant a une marge de liberté dans ce qu'il a à accomplir et a l'impression que c'est lui qui a choisi», explique-t-il. Parfois, il faut ainsi en passer d'abord par une motivation extrinsèque (les parents inscrivent leur petit à un cours de piano) avant de déclencher la motivation intrinsèque (le petit pratique le solfège, car il rêve de devenir un jour le pianiste d'un grand orchestre).Nécessaire aussi, « la conviction chez l'enfant qu'il est en mesure d'affronter avec ses compétences de nouveaux défis et difficultés», ajoute le chercheur. Entendez: si la barre est trop haute, ou si l'on dénigre trop souvent le travail accompli, tout l'intérêt retombe car il faut toujours pouvoir envisager un avenir à son apprentissage. Enfin, troisième donnée incontournable selon Fabien Fenouillet, le fait de se sentir bien dans son groupe. « L'enfant a besoin de partager ses valeurs dans un réseau amical, explique-t-il. Même s'il y a de la compétition dans l'air, il pourra évoluer avec d'autres petits compétiteurs.» À éviter donc, la compétition qui isole. D'autant plus regrettable qu'elle est l'une des bases du système scolaire actuel.
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