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lundi 11 janvier 2016

Robert Waldinger / Vidéo TED : La plus longue étude sur le Bonheur !


00:11
"Qu'est ce qui nous garde en bonne santé et heureux tout le long de notre vie ? Si vous deviez investir, maintenant, dans la future meilleure version de vous-même, dans quoi mettriez-vous votre temps et votre énergie ? Il y a eu un sondage récemment sur la Génération Y leur demandant quel était le but le plus important dans leur vie et plus de 80% ont répondu qu'un but de vie important pour eux était de devenir riche. Et 50% de ces mêmes jeunes adultes ont répondu qu'un objectif de vie important était de devenir célèbre.
00:49(Rires)
00:51Et on nous dit constamment de nous mettre au travail, de travailler plus dur, et d'accomplir plus. On nous fait croire que ces choses sont celles que l'on doit poursuivre pour réussir sa vie. Des portraits de vies entières, des choix que les gens font et comment ces choix marchent pour eux, ces portraits sont presque impossibles à obtenir. La majorité de ce que nous savons sur la vie humaine, nous l'apprenons en demandant à des gens de se souvenir du passé et comme on le sait, c'est loin d'être 100% fiable. On oublie une grande partie de ce qui nous arrive dans la vie, et parfois la mémoire est franchement créative.
01:35Mais, et si on pouvait regarder des vies entières alors qu'elles se déroulent au cours du temps ? Et si on pouvait étudier les gens depuis leur adolescence jusqu'à leurs vieilles années pour voir vraiment ce qui maintient les gens heureux et en forme ?
01:54On l'a fait. L'étude d'Harvard sur le Développement adulte est peut-être la plus longue étude sur la vie adulte jamais réalisée. Pendant 75 ans, nous avons suivi les vies de 724 hommes, année après année,s'enquérant de leur travail, de leur vie de famille, de leur santé, et bien sûr les questionner tout du long sans savoir comment leurs vies allaient tourner.
02:24Des études comme celle-là sont extrêmement rares. Presque tous les projets de ce genre tombent à l'eau en moins d'une décennie, parce que trop de gens abandonnent l'étude, ou le financement de la recherche s'arrête, ou les chercheurs passent à autre chose, ou ils meurent, et personne ne prend le relais. Mais grâce à une combinaison de chance et de la tenacité de plusieurs générations de chercheurs,cette étude a survécu. Environ 60 des 724 hommes originaux sont toujours en vie, participant toujours à l'étude, la plupart ayant dépassé les 90 ans. Et nous commençons maintenant à étudier les quelques 2000 enfants de ces hommes. Et je suis le quatrième directeur de l'étude.
03:14Depuis 1938, nous avons suivi les vies de deux groupes d'hommes. Le premier groupe est entré dans l'étude alors qu'ils étaient en deuxième année à Harvard. Tous ont fini l'université pendant la Seconde Guerre Mondiale, et puis la plupart sont partis servir dans l'armée. Et le deuxième groupe que nous avons suivi était un groupe de garçons du quartier le plus pauvre de Boston, des garçons qui étaient choisis pour l'étude spécialement parce qu'ils venaient des familles les plus en difficulté et les plus désavantagées du Boston des années 30. La plupart ont vécu dans des HLM, beaucoup sans eau courante.
03:53Quand ils sont entrés dans l'étude, tous ces adolescents ont été interviewés. On leur a fait passer des examens médicaux. On est allé chez eux et on a interviewé leurs parents. Et puis ces adolescents ont grandi et sont devenus des adultes qui ont grimpé toutes les marches de la vie. Ils sont devenus ouvriers, avocats, maçons, docteurs, l'un d'eux Président des États-Unis. Certains sont devenus alcooliques.Quelques-uns schizophrènes. Certains ont grimpé l'échelle sociale du bas jusqu'au sommet, et d'autres ont fait le chemin dans l'autre sens.
04:34Les fondateurs de cette étude n'auraient jamais, même dans leurs rêves les plus fous, imaginé que je me tiendrais ici aujourd'hui, 75 ans plus tard, à vous raconter que cette étude est toujours en cours. Tous les deux ans, patiemment et méticuleusement, notre équipe de recherche appelle ces hommes et leur demande si on peut encore leur envoyer de nouvelles questions à propos de leur vie.
04:59Beaucoup des hommes des quartiers pauvres de Boston nous demandent : « Pourquoi continuez-vous à m'étudier ? Ma vie n'est pas si intéressante. » Les hommes d'Harvard ne posent jamais cette question.
05:10(Rires)
05:19Pour obtenir le portrait le plus précis de ces vies, nous ne faisons pas que leur envoyer des questionnaires. Nous les interviewons chez eux. Nous récupérons leurs dossiers médicaux chez leurs médecins. On prélève leur sang, on scanne leur cerveau, on parle à leurs enfants. On les filme en train de parler avec leurs femmes de leurs plus gros soucis. Et il y a environ 10 ans, quand on a finalement demandé à leurs femmes si elles voudraient prendre part à l'étude, beaucoup de ces femmes ont répondu : « Il était temps. »
05:49(Rires)
05:50Et donc qu'avons-nous appris ? Quelles sont les leçons qui ressortent des dizaines de milliers de pages d'informations que nous avons recueillies sur ces vies ? Eh bien, les leçons ne portent pas sur la richesse, ou la célébrité, ou le travail. Le message le plus évident que nous avons ressorti de cette étude de 75 ans est celui-ci : les bonnes relations nous rendent plus heureux et en meilleure santé. C'est tout.
06:22Nous avons appris trois grandes leçons sur les relations. La première est que les connexions sociales sont très bonnes pour nous et que la solitude tue. Il s'avère que les personnes qui sont plus connectées socialement à leur famille, leurs amis, leur communauté, sont plus heureux, sont physiquement en meilleure santé, et vivent plus longtemps que ceux qui sont moins bien connectés. Et expérimenter la solitude apparaît être toxique. Les gens qui sont plus isolés des autres que ce qu'ils souhaiteraients'avèrent être moins heureux, leur santé décline plus tôt en milieu de vie, les capacités de leur cerveau déclinent plus vite, et ils ont des vies plus courtes que les gens qui ne sont pas seuls. Et le plus triste est qu'à tout moment, plus d'un Américain sur cinq déclare se sentir seul.
07:18Et on sait que l'on peut se sentir seul dans une foule et seul dans un couple, donc la deuxième leçon que nous avons apprise est que ce n'est pas seulement le nombre d'amis que vous avez, ou que vous soyez ou non engagé dans une relation, mais c'est la qualité de vos relations proches qui comptent. Il s'avère que vivre au milieu du conflit est très mauvais pour notre santé. Les mariages conflictuels par exemple, sans beaucoup d'affection, sont très mauvais pour notre santé, peut-être même plus que le divorce. Et vivre au milieu de bonnes, chaleureuses relations est protecteur.
07:56Une fois que nous avions suivi nos hommes au-delà de leurs 80 ans, nous avons voulu revenir sur leur cinquantaine et voir si nous pouvions prédire qui deviendrait un heureux et vigoureux octogénaire et qui ne le deviendrait pas. Et quand nous avons rassemblé tout ce que nous savions sur eux à l'âge de 50 ans, ce n'était pas leur taux de cholestérol à cet âge qui a prédit comment ils allaient vieillir. C'était leur niveau de qualité de leurs relations. Les gens qui étaient les plus satisfaits dans leurs relations à 50 ansétaient ceux en meilleure santé à 80 ans. Et les relations complices réussies semblent nous prévenir de quelques-uns des aléas du vieillissement. Nos couples d'hommes et de femmes les plus heureux ont rapporté, vers 80 ans, que les jours où la douleur physique était la plus forte, leur humeur restait tout aussi heureuse. Mais les gens qui étaient malheureux dans leurs relations, les jours où ils signalaient le plus de douleur physique, cela était aggravé par plus de douleur émotionnelle.
09:03Et la troisième grande leçon que nous avons retenue, à propos des relations et de notre santé, est que les bonnes relations ne font pas que protéger nos corps, elles protègent nos cerveaux. Il s'avère qu'être dans une relation solidement fixée avec une autre personne pendant vos 80 ans est protecteur, que les gens qui sont dans des relations où ils sentent vraiment qu'ils peuvent compter sur l'autre personne si besoin, la mémoire de ces gens reste aiguisée plus longtemps. Et les gens dans des relations où ils ne sentent pas pouvoir compter l'un sur l'autre, ces gens sont ceux qui ont expérimenté des déclins précoces de la mémoire. Et ces bonnes relations, elles n'ont pas à être lisses tout le temps. Certains de nos couples octogénaires pouvaient se disputer continuellement, mais tant qu'ils savaient pouvoir compter l'un sur l'autre en cas de coup dur, ces disputes n'avaient pas d'effets négatifs sur leurs mémoires.
10:00Donc, ce message, que les relations profondes sont bonnes pour notre santé et notre bien-être, cette sagesse est vieille comme le monde. Pourquoi est-ce si dur à comprendre et si facile à ignorer ? Eh bien, nous sommes humains. Ce qu'on aimerait, c'est une solution facile, quelque chose qu'on peut obtenirqui rendrait nos vies belles et les maintiendrait comme ça. Les relations sont désordonnées et compliquées, et le dur labeur de s'accrocher à la famille et aux amis, ce n'est ni sexy ni glamour. C'est aussi tout le long de la vie. Ça ne finit jamais. Les gens de notre étude sur 75 ans qui étaient les plus heureux dans la retraite étaient ceux qui ont activement travaillé à remplacer les collègues de travail par de nouveaux amis. Comme la génération Y dans ce récent sondage, beaucoup de nos hommes, quand ils étaient de jeunes adultes, croyaient vraiment que la célébrité, la richesse et le travail étaient ce qu'ils devaient poursuivre pour réussir leur vie. Mais encore et encore, pendant ces 75 ans, notre étude a montré que les gens qui s'en sont le mieux tirés étaient les gens qui ont compté sur les relations avec de la famille, des amis, des communautés.
11:20Et vous ? Disons que vous ayez 25, ou 40, ou 60 ans. A quoi ça peut ressembler finalement de favoriser les relations solides ?
11:30Eh bien, les possibilités sont pratiquement sans fin. Ça peut être quelque chose d'aussi simple que remplacer le temps d'écran par du temps avec les gens ou raviver une vieille relation en faisant quelque chose de nouveau ensemble, de longues promenades ou des soirées, ou rappeler ce membre de votre famille à qui vous n'avez pas parlé depuis des années, parce que toutes ces querelles familiales trop communes laissent une empreinte terrible sur les personnes qui s'en veulent l'une à l'autre.
12:03J'aimerais terminer sur une citation de Mark Twain. Il y a plus d'un siècle, il prenait du recul sur sa vie, et il a écrit ceci : « On n'a pas le temps, si brève est la vie, pour les chamailleries, les excuses, l'animosité, les appels à rendre des comptes. On n'a que le temps pour aimer et pas un instant de plus, pour ainsi dire, que pour ça. »
12:33Une belle vie est construite avec de belles relations.
12:38Merci.
12:39(Applaudissements)"

jeudi 21 août 2014

Shawn Achor - Conférence Ted : L'heureux secret d'un meilleur travail !



"Alors que j'avais sept ans et ma sœur cinq, nous jouions un haut d'un lit superposé. J'avais deux ans de plus que ma sœur à ce moment - bien sûr, c'est toujours le cas - mais à l'époque, ça voulait dire qu'elle devait faire tout ce que je voulais, et je voulais jouer à la guerre. Nous étions donc en haut de nos lits superposés. Et d'un côté du lit j'avais installé tous mes GI Joe avec leurs armes. En face, il y avait tous les Petits Poneys de ma sœur, prêts à charger.
0:38Il y a différentes versions de ce qui s'est passé cet après-midi, mais comme ma sœur n'est pas là aujourd'hui, je vais vous dire la vérité... (Rires) ... qui est que ma sœur est un peu maladroite.Bizarrement, sans que son frère n'y soit pour rien, Amy a disparu soudainement du haut du lit, et a atterri avec fracas sur le sol. J'ai timidement jeté un œil par-dessus bord, pour voir ce qui était arrivé à ma sœur, et j'ai vu qu'elle avait atterri douloureusement à quatre pattes, sur les genoux et les mains.
1:05J'étais inquiet parce que mes parents m'avaient chargé de veiller à ce que ma sœur et moi jouions aussi tranquillement que possible. Et vu que j'avais accidentellement cassé le bras à Amy une semaine avant... (Rires) ... en la poussant héroïquement hors de la trajectoire d'un tir de sniper imaginaire,(Rires) ce pour quoi je n'ai toujours pas reçu de remerciements, j'essayais autant que possible - elle ne l'avait même pas vu venir - j'essayais de me comporter aussi bien que possible.
1:36Et j'ai vu le visage de ma sœur, ce hurlement de douleur et de surprise, qui menaçait de sortir de sa bouche, et de réveiller mes parents de la longue hibernation dans laquelle ils s'étaient plongés. J'ai donc fait la seule chose que mon petit cerveau paniqué pouvait imaginer pour éviter la catastrophe. Si vous avez des enfants, vous avez déjà vu ça cent fois. J'ai dit : « Amy, Amy, attends. Ne pleure pas. Tu as vu comment tu as atterri ? Les êtres humains n'atterrissent pas à quatre pattes comme ça. Amy, je crois que ça veut dire que tu es une licorne. »
2:02(Rires)
2:05C'était de la triche, car il n'y avait rien au monde que ma sœur n'aurait plus désiré que de ne pas être Amy, la petite sœur blessée, mais Amy, la licorne spéciale. Bien sûr, c'était une possibilité qui ne l'avait jamais effleurée jusque-là. Et on pouvait voir ma pauvre sœur, manipulée, entrer en conflit, comme son petit cerveau hésitait entre deux tâches, ressentir la douleur et la surprise qu'elle venait de rencontrer,ou bien s'intéresser à sa nouvelle identité de licorne. Et c'est cette dernière qui a gagné. Au lieu de crier, au lieu d'arrêter de jouer, au lieu de réveiller mes parents, avec toutes les conséquences négatives qui en auraient découlé, un sourire s'est épanoui sur son visage, et elle est regrimpée sur le lit avec toute la grâce d'un bébé licorne... (Rires) ... avec une patte cassée.
2:43Ce que nous avions découvert, à l’âge tendre de cinq et sept ans - nous n'en avions alors pas la moindre idée - était quelque chose qui serait à l'avant-garde d'une révolution scientifique, deux décennies plus tard, sur la façon dont on considère le cerveau humain. Nous avions découvert ce qu'on appelle la psychologie positive, qui est la raison de ma présence ici, et aussi pour laquelle je me lève chaque matin.
3:02Quand j'ai commencé à parler de ces recherches, en dehors de l'Université, dans les entreprises et les écoles, la première chose qu'on m'a dite, c'est de ne jamais commencer par un graphique. Je veux donc tout d'abord commencer par un graphique. Ce graphique a l'air ennuyeux, mais il est la cause de mon enthousiasme en me levant chaque matin. Il n'a même pas de signification ; ce sont de fausses données. Ce que nous avons découvert -
3:20(Rires)
3:24Si j'avais obtenu ces données en vous étudiant, vous ici, j'aurais été ravi, parce qu'une tendance se dégage clairement, et cela signifie que je peux être publié, et c'est la seule chose qui compte vraiment.Le fait qu'il y ait un point rouge bizarre, au-dessus de la courbe ; il y a quelqu'un de bizarre dans la salle, je sais qui vous êtes, je vous ai repéré, ce n'est pas un problème. Ce n'est pas un problème, comme vous le savez, parce que je peux très bien effacer ce point. Je peux effacer ce point parce qu'il s'agit clairement d'une erreur de mesure. Et nous savons que c'est une erreur de mesure, parce que cela fiche en l'air mes données.
3:53Ainsi, l'une des premières choses qu'on apprend dans les cours d'économie, de statistiques, de commerce et de psychologie, c'est la façon statistiquement exacte d'éliminer les bizarreries. Comment éliminer les excentriques, pour trouver le meilleur contour ? C'est fantastique si j'essaie de trouvercombien d'Advil une personne moyenne devrait prendre : deux. Mais si je m'intéresse au potentiel, à votre potentiel, de bonheur, de productivité, d'énergie, ou de créativité, alors nous créons scientifiquement un culte de la moyenne.
4:18Si je pose une question comme : « A quelle vitesse un enfant peut-il apprendre à lire en classe ? », les savants changent ça en : « A quelle vitesse l'enfant moyen apprend-il à lire en classe ? », et puis on adapte le programme pile à la moyenne. Si vous êtes sous la moyenne de cette courbe, les psychologues sont ravis, parce qu'alors soit vous êtes déprimés, soit vous souffrez d'un trouble, soit les deux, avec un peu de chance. On espère les deux, parce que dans notre business modèle, si vous venez en séance avec un problème, on veut être sûrs que vous repartez avec 10, pour que vous reveniez encore et encore. On remontera jusqu'à votre enfance si nécessaire, mais à la fin, on veut vous rendre normal à nouveau. Mais normal, c'est simplement dans la moyenne.
4:51Et je pose en principe, de même que la psychologie positive, que si l'on n'étudie que ce qui est dans la moyenne, nous resterons simplement dans la moyenne. Alors au lieu d'effacer ces excentriques positifs, je fais exprès, lorsque je tombe sur une population comme celle-ci, de demander : pourquoi ?Pourquoi certains sont-ils tellement au-dessus de la courbe, en termes de capacité intellectuelle, athlétique, musicale, de créativité, de niveaux d'énergie, de résistance face aux problèmes, de sens de l'humour ? Quoi que ce soit, au lieu de l'effacer, je veux l'étudier. Parce que peut-être pouvons-nous récolter des informations, non seulement pour remonter les gens jusqu'à la moyenne, mais aussi pour remonter toute la moyenne, dans nos entreprises et nos écoles du monde entier.
5:23Ce graphique est important pour moi, parce que, en écoutant les nouvelles, il me semble que la majorité des informations n'est pas positive, en fait elle est négative. Elles parlent de meurtres, de corruption, de maladies, de catastrophes naturelles. Très vite, mon cerveau se met à penser que c'est le rapport exact entre le négatif et le positif dans le monde. Cela crée quelque chose qu'on appelle le syndrome de l'école de médecine ; si vous connaissez des gens qui ont fait médecine, pendant leur première année, quand ils lisent tous les symptômes et maladies qui pourraient leur arriver, ils réalisent soudain qu'ils les ont tous.
5:48J'ai un beau-frère du nom de Bobo - c'est une toute autre histoire. Bobo a épousé Amy la licorne. Bobo m'a téléphoné depuis l’École de Médecine de Yale, et m'a dit : « Shawn, j'ai la lèpre. » (Rires) Ce qui, même à Yale, est extrêmement rare. Je n'avais pas la moindre idée pour consoler le pauvre Bobo,parce qu'il sortait tout juste d'une semaine de ménopause.
6:11(Rires)
6:13Vous voyez, ce n'est pas forcément la réalité qui nous fait tels que nous sommes, mais l'objectif par lequel notre cerveau voit le monde qui fait notre réalité. Et si on peut changer l'objectif, on peut non seulement changer notre bonheur, mais changer en même temps l'avenir scolaire et professionnel de chacun.
6:25Quand j'ai postulé à Harvard, c'était par défi. Je ne pensais pas être admis, et ma famille n'avait pas l'argent nécessaire. Quand j'ai reçu une bourse militaire, deux semaines plus tard, ils m'ont admis.Soudain, ce qui n'était même pas envisageable est devenu une réalité. En y allant, je pensais que tout le monde verrait ça comme moi, un privilège, qu'ils seraient excités d'être là. Même dans une classe pleine de gens plus malins que soi, on devrait être content juste d'être dans cette classe, comme je l'étais. Mais ce que j'ai découvert, c'est que, si certains le vivent ainsi, quand j'ai été diplômé après quatre années, et que j'ai ensuite passé huit ans à habiter avec les étudiants - Harvard me l'a demandé, ce n'était pas moi. (Rires) J'étais chargé par Harvard de conseiller les étudiants durant leurs difficiles études. Et j'ai trouvé dans mes recherches et mon enseignement que ces étudiants, peu importe qu'ils soient heureux d'avoir réussi à entrer dans cette école, après deux semaines, leur esprit ne se focalisait, ni sur le privilège d'être là, ni sur leurs cours de philosophie ou de physique. Leur esprit se focalisait sur la compétition, la charge de travail, les tracas, le stress, les réclamations.
7:18Quand je suis arrivé la première fois, je suis entré dans le réfectoire des nouveaux, là où mes amis de Waco, au Texas, l'endroit où j'ai grandi - vous en avez peut-être entendu parler - quand ils venaient me rendre visite, ils regardaient la salle, et me disaient : « Ce réfectoire semble tout droit sorti de Hogwart, dans le film Harry Potter », ce qui est vrai. Voici Hogwart, dans Harry Potter, et voici Harvard. Quand ils voyaient cela, ils me disaient : « Pourquoi perds-tu ton temps à étudier le bonheur à Harvard ? Quelle raison sérieuse un étudiant de Harvard pourrait bien avoir d'être malheureux ? »
7:41Cachée dans cette question, il y a la clé de la science du bonheur. Parce que cette question supposeque notre environnement influence directement notre niveau de bonheur, alors qu'en réalité, si je sais tout de votre environnement, je ne peux prévoir que 10 % de votre bonheur à long terme. 90 % de votre bonheur à long terme n'est pas influencé par l'environnement, mais par la façon dont votre cerveau le perçoit. Et si on change cela, si on change notre recette du bonheur et du succès, alors on peut changer la façon dont on modifie la réalité. Nous avons découvert que seulement 25 % des réussites professionnelles sont dues au Q.I. 75 % des réussites sont dues à votre niveau d'optimisme, votre environnement relationnel, et votre capacité à voir le stress comme un défi plutôt que comme une menace.
8:21J'en ai parlé à la direction d'un internat des plus prestigieux, en Nouvelle-Angleterre, et ils m'ont dit : « On le sait déjà. Chaque année, en plus des cours, on a aussi une semaine de bien-être. C'est très excitant. Lundi soir, nous avons le plus grand expert mondial qui vient nous parler de la dépression chez les adolescents. Mardi soir, c'est la violence à l'école et les brimades. Mercredi soir, les troubles de l'alimentation. Jeudi soir, la chasse aux drogues. Et pour vendredi soir, on hésite entre le sexe dangereux et le bonheur." (Rires) J'ai dit : « C'est ce que font la plupart des gens le vendredi soir. »(Rires) (Applaudissements) Je suis content que vous appréciez, parce que eux, pas du tout. Silence sur la ligne. Et dans ce silence, j'ai dit : « Je serais heureux de venir parler dans votre école, mais sachez que ce n'est pas la semaine du bien-être, c'est celle du mal-être. Vous avez souligné toutes les choses négatives qui peuvent arriver, mais rien dit des choses positives. »
9:07L'absence de maladie n'est pas la santé. Voici comment obtenir la santé : Il faut inverser la recette du bonheur et du succès. Ces trois dernières années, j'ai voyagé dans 45 pays différents, j'ai travaillé avec des écoles et des sociétés en plein milieu d'une récession économique. Et j'ai découvert que la plupart des sociétés et des écoles suivent la recette du succès suivante : Si je travaille plus dur, je réussirai mieux. Et si je réussis mieux, alors je serais heureux. C'est à la base de la plupart de nos modes d'éducation, de management, c'est la façon dont on se donne de la motivation.
9:33Le problème, c'est que c'est scientifiquement invalide et inversé, pour deux raisons. Premièrement, chaque fois que notre cerveau réussit quelque chose, on ne fait que repousser les limites de la réussite. Vous avez eu de bonnes notes, il vous en faut maintenant de meilleures, vous avez intégré une bonne école, et après avoir en intégré une encore meilleure, vous avez obtenu un bon travail, mais vous devez en obtenir un meilleur, vous avez atteint vos objectifs de vente, on va vous les changer. Si le bonheur est de l'autre côté du succès, votre cerveau n'y arrive jamais. Nous avons repoussé le bonheur au-delà de l'horizon cognitif, dans notre société. Et c'est parce que nous croyons qu'il faut réussir, avant d'être heureux.
10:01Mais le vrai problème, c'est que notre cerveau marche dans le sens inverse. Si on peut élever le niveau de positivité de quelqu'un dès maintenant, son cerveau ressent ce qu'on appelle aujourd'hui un avantage de bonheur, c'est à dire que le cerveau, en mode positif, est nettement plus efficace qu'en mode négatif, neutre, ou stressé. L'intelligence, la créativité, le niveau d'énergie augmentent. En fait, on a découvert que chacun des résultats professionnels s'améliore. Le cerveau en mode positif est 31 % plus productif qu'en mode négatif, neutre ou stressé. On améliore les ventes de 37 %. Les médecins sont plus rapides et précis de 19 % dans l'établissement d'un diagnostic exact, en mode positif plutôt qu'en mode négatif, neutre ou stressé. Ce qui veut dire qu'on peut inverser la recette. Si on trouve un moyen pour être positif au présent, alors nos cerveaux réussiront encore mieux, car nous pourrons travailler plus dur, plus vite, et plus intelligemment.
10:45Il nous faut inverser la recette, pour découvrir ce dont sont vraiment capables nos cerveaux. Parce que la dopamine, qui inonde notre système quand on est positifs, a deux fonctions. Non seulement elle vous rend plus heureux, mais elle met en route vos fonctions d'apprentissage, et vous permet de vous adapter au monde d'une façon différente.
11:01Nous avons découvert qu'il est possible d'entraîner notre cerveau à devenir plus positif. En seulement deux minutes, pendant 21 jours d'affilée, on peut vraiment reprogrammer notre cerveau, et lui permettre de travailler vraiment avec plus d'optimisme et plus de succès. Nous l'avons fait dans le cadre de nos recherches, dans chaque société avec laquelle j'ai travaillé, nous leur avons fait écrire trois nouvelles choses réjouissantes, pendant 21 jours d'affilée, trois nouvelles choses par jour. Et à la fin, leur cerveau acquiert l'habitude de regarder le monde, non pour le négatif, mais d'abord pour le positif.
11:29Parler dans votre journal d'une expérience positive au cours des dernières 24 heures permet à votre cerveau de la revivre. L'exercice apprend à votre cerveau que votre attitude compte. Nous avons découvert que la méditation permet à votre cerveau de se débarrasser de l'hyperactivité culturelle que nous avons créée en essayant d'effectuer plusieurs tâches à la fois, et permet à notre cerveau de se concentrer sur son travail. Enfin, la gentillesse gratuite est une gentillesse consciente. On leur demande, quand ils ouvrent leur messagerie, d'écrire un mail positif, félicitant ou remerciant quelqu'un dans leur entourage.
11:54En faisant cela, en entrainant notre cerveau de la même façon que notre corps, nous avons découvert qu'on peut inverser la recette du bonheur et du succès, et par là même, non seulement émettre de la positivité, mais créer une vraie révolution.
12:06Merci beaucoup.
12:08(Applaudissements)"