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mardi 14 octobre 2014

Belle Intervew du Président du Centre National du Bonheur National Brut (BNB) du Bhoutan



Prenons le Bhoutan train du bonheur !
RECUEILLI PAR JULIE SCHITTLY


Inventeur du concept du Bonheur National Brut (BNB), Jigme Thinley était le vendredi 26 septembre au centre bouddhique de Plouray. L’ancien président du gouvernement du Bhoutan raconte comment son petit royaume encore très fermé concilie valeurs traditionnelles et modernité.


Pouvez-vous nous décrire votre pays, en quelques mots ?

Le Bhoutan est un petit royaume situé entre la Chine au nord et l’Inde au sud. C’est la plus jeune démocratie du monde : les premières élections libres y ont eu lieu en 2008. Notre roi a décidé que la démocratie était la meilleure voie pour le développement et le bonheur de notre peuple. J’ai été le président de ce premier gouvernement élu démocratiquement, jusqu’en 2013.

Je suis aussi le président du Centre national du Bonheur national brut, que je représente à travers le monde. Je voyage pour expliquer cette philosophie bouthanaise de développement.

En quoi consiste ce concept ?

Le Bonheur national brut (BNB), c’est définir le niveau de vie en des termes plus psychologiques et holistiques que le produit national brut. Le bonheur, c’est un état d’esprit qu’on peut atteindre lorsqu’on arrive à équilibrer les besoins du corps et de l’esprit, les besoins matériels et les besoins spirituels, dans un cadre apaisé.

Il est écrit dans notre constitution que le rôle principal du gouvernement est de créer les conditions qui permettront aux citoyens de tendre vers le bonheur.

Comment l’avez-vous appliqué lorsque vous gouverniez ?

Notre économie est faible. Pour être heureux, nos besoins matériels basiques doivent être assouvis. L’extrême pauvreté est passée 23 % à 12 %, en seulement quatre ans.

Nous avons raccordé toutes les maisons à l’électricité, la plupart des villages à une route, mis en place des services de télécommunication, une scolarité minimum, assuré l’eau potable à la plupart des Bhoutanais. Ce sont les fondamentaux que le gouvernement actuel cherche à renforcer, pour encore augmenter le niveau du bonheur.

Pensez-vous que la crise a aidé à la promotion du BNB ?

Notre concept date de 1972. Je suis heureux de constater que le reste du monde commence à prendre au sérieux. Avant, il était tenu pour frivole, utopique, pas applicable.

Aujourd’hui, beaucoup de repères s’effondrent. Avec les crises financière, sociale, alimentaire, énergétique, les catastrophes naturelles, le monde réalise qu’il ne peut plus continuer ainsi.

Il y a maintenant un intérêt réel pour notre philosophie de développement durable, que nous partageons lors de forums intergouvernementaux, comme lors de la conférence des Nations Unies à Rio, en 2012.

Durant la dernière décennie, de nombreux pays : la France, l’Italie, le Japon, la Corée, se sont intéressés et impliqués dans ce dialogue mondial pour inclure le bien-être aux critères d’évaluation du développement. Et quelle meilleure manifestation de ce bien-être que le bonheur ?

Votre pays est connu pour son isolement. Comment a été vécue l’arrivée de la télévision, en 1988 ?

La télévision est arrivée avant la démocratie. Nous l’avons autorisée car nous avons senti que nos concitoyens étaient prêts, que nos valeurs étaient suffisamment fortes.

Notre pays a été fondé par un prêtre bouddhiste. Nos concitoyens sont restés empreints de spiritualité, malgré le développement. Ils sont capables de faire le tri, de faire face à l’influence négative de la télévision tout en tirant profit des bienfaits de ce média.

Et celle d’internet, en 1999 ?

Dans un pays très montagneux comme le nôtre, où les infrastructures étaient encore rares, l’arrivée d’internet était essentielle pour nos écoles, nos bibliothèques, nos universités. Nous n’avons pas regretté cette décision.

La façon dont les Bhoutanais voient le monde, et se voient eux-mêmes, leur comportement, a réellement changé : tout est devenu plus rapide. La vie moderne est entrée dans notre pays, mais notre population reste très attentive au sens de la vie, aux relations humaines, à la spiritualité. Nous essayons de les y aider.

Notre petit pays fait définitivement partie du monde globalisé, mais doit rester en harmonie avec la nature, ne pas devenir complètement consumériste. Nous ne devons pas perdre notre âme !

mercredi 24 septembre 2014

Psychologie positive : Une conception différente du bonheur chez les chinois et les asiatiques


Source : Psychomédia

Le concept de bien-être subjectif a émergé dans le courant de recherche de la psychologie positive comme étant une des façons les plus efficaces de mesurer le bonheur dans la vie quotidienne. Il a été défini comme étant constitué de trois composantes: la présence d'affects positifs, l'absence d'affects négatifs et une composante cognitive qui est la satisfaction par rapport à sa vie.

Selon les tests qui mesurent ces composantes, les Chinois et les Asiatiques présenteraient moins de bien-être subjectif que les Occidentaux, indiquent les auteurs d'une étude publiée dans le Journal of Happiness Studies.

Yi-Chen Lee de l'Université nationale de Taïwan et ses collègues ont fait l'hypothèse que ces tests, ne couvrant (selon leur conception hédoniste du bonheur) que les affects positifs comportant une activation modérée (heureux, joyeux, content...) à élevée (excité, enthousiaste, alerte...), ne tiennent pas compte des affects positifs comportant une faible activation qui seraient valorisés dans la culture asiatique et chinoise.

Les grandes traditions culturelles chinoises que sont le confucianisme, le taoïsme et le bouddhisme mettent l'accent sur l'importance de maintenir une paix intérieure et l'harmonie, soulignent les chercheurs. Et, des études précédentes ont montré que les Chinois valorisent, plus que les Américains d'origine européenne, les affects comportant une faible activation et l'harmonie.

Les chercheurs ont développé un test visant à mesurer un concept de paix d'esprit afin de mieux tenir compte des valeurs culturelles chinoises concernant le bonheur. Le concept inclut la composante d'état interne de paix et celle d'harmonie. Les participants devaient indiquer à quel point des énoncés tels que "Mon esprit est libre et à l'aise", "Mon mode de vie me donne un sentiment de paix et de stabilité"… les décrivaient.

Les résultats élevés au test étaient effectivement associés à une plus grande satisfaction par rapport à sa vie et à moins de mal-être psychologique.

Dans une autre étude, des étudiants taïwanais obtenaient des résultats plus élevés que des étudiants américains d'origine européenne, confirmant que le concept pourrait refléter une forme de bien-être valorisés par les cultures asiatiques.

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Et vous, votre esprit est-il libre et en paix ? 

samedi 5 juillet 2014

Bonheur National Brut (BNB) : Au Bouthan, le Bonheur commence à l'école !

Aux côtés des étudiants
Extrait de l'article "Penser Positif", paru sur EuroNews le 4 juillet 2014
“Avez-vous déjà entendu parler du BNB, le Bonheur national brut ? Est-ce qu’il existe vraiment pour les hommes politiques ? Y a-t-il un pays qui fait du bonheur son principal objectif de développement ? Et bien oui ! Regardez ce reportage dans le royaume du Bhoutan, où le bonheur commence à l‘école.”
Le Bonheur national brut du Bouthan
Très peu de pays dans le monde font du bonheur leur objectif ultime de développement. Tout petit royaume niché au cœur de l’Himalaya, le Bhoutan a remplacé le Produit national brut par le Bonheur national brut.
Dans le village de Woochu, comme tous les matins, la petite Jamphel Yeshey Paylden, huit ans, se prépare pour aller à l‘école, qui se trouve à 20 minutes de marche de chez elle. “Les cours commencent avec de la méditation et des prières, et quand on prie, on respecte notre roi, notre pays et notre religion, et on entretien notre culture”, dit-elle.
Cette école de Woochu faisait partie des établissements pilotes du Bhoutan quand le concept de Bonheur national brut a été introduit. L‘école vise à former des élèves en bonne santé, avec un socle de valeurs, et qui pourront devenir des citoyens heureux et productifs.
Notre but, c’est que les enfants soient heureux à l‘école, explique le principal Chencho Namgyel. Par le passé, un certain nombre d’enfants se laissaient aller vers la drogue, et même le tabac et l’alcool. Nous avions beaucoup de problèmes il y a quelques années, mais aujourd’hui la situation s’est nettement améliorée.”
Dans les salles de classe, outre le programme traditionnel, les élèves apprennent à entraîner leur esprit avec la méditation et la pleine conscience. La méditation dure entre une et trois minutes. Les élèves apprennent également les valeurs humaines élémentaires comme le partage, le respect de la nature, le service à la communauté.
“L‘éducation pour le Bonheur national brut est une initiative noble, qui n’est pas incompatible avec un modèle d‘école adapté aux enfants. C’est une approche holistique du développement de l’enfant”, affirme Phuntsho Lham, du ministère de l‘Éducation.
Le BNB ne s’arrête pas à l‘école. Les parents aussi assimilent ses valeurs à travers leurs enfants : “après l’introduction du BNB, les enfants ont arrêté de manger n’importe quoi et en rentrant de l‘école, ils nous apprennent comment consommer les légumes, et comment s’entraider. Ils nous donnent beaucoup de conseils”, dit la mère de la petite Jamphel Yeshey Paylden.
Une philosophie qui est un modèle pour d’autres pays, comme la Finlande qui a conclu un partenariat avec des écoles du Bhoutan."